Le Centre togolais des expositions et foires (CETEF) de Lomé accueillera, du vendredi 3 au dimanche 12 juillet 2026, la 7ème édition de la Foire Made in Togo. L'événement, placé sous le thème « Transformation locale : un levier pour le développement de l'économie togolaise », entend une nouvelle fois donner de la visibilité aux produits fabriqués et transformés sur le territoire national (République Togolaise ; AllAfrica).
Un rendez-vous dévoilé lors du lancement officiel de la campagne 2026
La foire a été officiellement annoncée le mardi 12 mai 2026, lors du lancement de la campagne de promotion des grands événements de l'année, organisé par le CETEF en présence du ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et de la Veille stratégique, chargé de l'Énergie et des Ressources minières, Koffi Messan Eklo. La manifestation se déroule sous le patronage du ministère du Commerce et du Contrôle de la qualité et s'inscrit, selon les autorités, dans une volonté de renforcer l'intégration régionale, de promouvoir l'entrepreneuriat local et de valoriser le savoir-faire national. Le directeur général du CETEF, Alexandre de Souza, a par ailleurs invité les opérateurs économiques, exposants, partenaires et sponsors à s'organiser rapidement afin de profiter pleinement des opportunités de visibilité offertes par ces rendez-vous. Cetef + 2
Transformation locale : le fil conducteur de cette édition
Le choix du thème n'est pas anodin. L'année 2026 accorde une attention particulière à plusieurs secteurs stratégiques, notamment l'agro-industrie, l'artisanat, l'économie numérique, la transformation locale et les industries, selon les précisions données par le ministre lors du lancement de la campagne. Une place de choix est également prévue pour les jeunes entrepreneurs et les start-ups, présentés comme des leviers essentiels de l'innovation et de la compétitivité nationale. Les secteurs représentés devraient couvrir l'agroalimentaire, le textile, la cosmétique, l'artisanat et les technologies locales. Cetef27avril
Au-delà des stands, le programme prévoit des rencontres d'affaires, des sessions de réseautage, des conférences thématiques et des panels d'experts, ainsi que des animations culturelles et artistiques destinées à faire de l'événement un espace de découverte et de convivialité pour le grand public. Fait notable pour la mobilisation populaire : l'entrée sera gratuite pendant toute la durée de la manifestation, et les inscriptions pour les exposants restent ouvertes, via la plateforme numérique dédiée du CETEF. 27avril + 2
Une pièce dans un agenda CETEF élargi
La Foire Made in Togo ne constitue qu'un maillon d'un calendrier 2026 fourni pour le CETEF, qui ambitionne de devenir « une plateforme nationale de promotion économique » à l'horizon de trois ans, selon Alexandre de Souza. Elle succède au Salon de la santé et du bien-être (23-27 juin) et précède la 21ème Foire internationale de Lomé, prévue du 27 novembre au 13 décembre 2026 autour du thème « Lomé, hub du commerce et des investissements en Afrique ». Pour donner une idée de l'ampleur que peut atteindre ce type d'événement au CETEF, la dernière édition de la Foire internationale, en 2025, avait enregistré plus de 803 000 visiteurs en seize jours, avec 1 150 exposants issus de 26 pays et 240 promesses commerciales. Le concept Made in Togo, lui, se décline aussi en régions : des foires ont déjà eu lieu à Kara, Niamtougou, Notsè et Vogan, avec de nouvelles étapes annoncées à Sokodé et Aného. Flambeaudesdemocrates + 2
Reste la question de fond, régulièrement posée par des acteurs économiques togolais : au-delà de la vitrine, ces foires changent-elles concrètement le sort des producteurs locaux ? Une enquête récente sur le « consommer local » a mis en lumière le cas des riziculteurs de Kovié et d'Assomé, dans la préfecture de Zio, qui accumulent plusieurs centaines de tonnes de riz invendu alors que le riz importé domine largement le marché togolais, malgré un prix compétitif de 12 500 FCFA le sac de 25 kg. Leur coopérative, l'UCARIM, affirme avoir multiplié les démarches auprès des autorités pour faciliter l'accès au marché, sans réponse concrète à ce jour. Ce contraste illustre la limite structurelle des foires ponctuelles : la visibilité offerte pendant dix jours au CETEF ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les problèmes de concurrence, de circuits de distribution et d'accompagnement post-événement auxquels sont confrontés de nombreux producteurs togolais tout au long de l'année. Pouvoirs d'Afrique + 2
L'édition 2026 de la Foire Made in Togo sera donc à suivre sur deux plans distincts : la mobilisation immédiate nombre d'exposants, diversité sectorielle, fréquentation du public pendant les dix jours et les suites données aux contacts commerciaux noués sur place. C'est sur ce second point, plus difficile à mesurer mais plus déterminant, que se jouera la capacité du Made in Togo à devenir autre chose qu'un rendez-vous événementiel annuel.